Le Président Omar el-Béchir



Omar el-Béchir n’apparaîtra qu’à travers des images et discours officiels. Mais les tragédies du Darfour qui habitent le film découlent de ses décisions, si bien que son ombre plane sur chacun des récits.


A la tête du Soudan entre 1989 et 2019, c’est sur son ordre que les milices Janjawids se déchaînent contre les Fours, les Masalits et les Zaghawas entre 2003 et 2008, dans une série de massacres que la Cour Pénale Internationale qualifiera de génocide. Il est le grand artisan du désastre humanitaire qui prévaut au Soudan et le responsable des nettoyages ethniques qui ont ravagé les peuples du Darfour.


Contrepoint cynique aux parcours de ses victimes, les péripéties d’Omar el-Béchir, un jour condamné pour crimes contre l’humanité et l’autre soutenu par l’Union Européenne pour stopper l’émigration de son pays, sont l’un des paradoxes majeurs que soulève le film.


La chute du tyran le 11 avril dernier ne permet toujours pas de savoir ce qu’il adviendra de lui car son « arrestation » ressemble pour le moment plus à une disparition. Les généraux qui sont en place au pouvoir depuis deux mois sont tous des anciens compagnons de route d’Omar el-Béchir et le protégeront tant qu’ils le peuvent. Certains Soudanais disent qu’il est à l’abri quelque part dans une villa du pays, d’autres qu’il est en Arabie Saoudite, d’autres encore qu’il tire les ficelles du pouvoir en place depuis sa cachette. L’incertitude quant à sa comparution devant le tribunal de la Cour Pénale Internationale demeure entière et sera l’une des tensions narratives du film.






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